Les auteurs :

  • Jean-Claude Carrière, né en 1931, est écrivain, dramaturge et scénariste. Il est l'auteur d'une trentaine d'ouvrages et, entre autres, de deux recueils de contes philosophiques Le cercle des Menteurs 1 (1999) et Le cercle des Menteurs 2 (2008).
  • Umberto Ecco, né en 1932, médiéviste (spécialisé dans le Moyen-Age), sémioticien (praticien de la sémiotique qui étudie tout ce qui fait signe dans l'examen critique des symboles et des informations, "décortiqueur" d'expressions vivantes et imagées, un coupeur de cheveux en quatre ?), philosophe, critique littéraire, et romancier italien s'est fait connaître du grand public avec ses romans Le Nom de la Rose (1980), Le Pendule de Foucault (1988) et des essais.
  • Jean-Philippe de Tonnac, essayiste et journaliste, à mené les entretiens qui composent ce livre. Il est l'auteur d'une biographie de René Daumal, de livres d'entretiens sur la science, la culture et la religion, et d'une encyclopédie des savoirs et des croyances sur la Mort et l'Immortalité.

Le livre ne mourra pas :

A la veille de l’arrivée sur tous les marchés du monde des nouvelles générations de livres électroniques, deux grands érudits et bibliophiles passionnés s’interrogent sur l’avenir du livre. L’adoption du ebook par le grand public, si elle est avérée, ne sera t-elle qu’un nouvel épisode dans l’histoire de l’écrit, ou bien déterminera-t-elle un profond changement de civilisation ?... Observateurs et chroniqueurs amusés de ces accidents de parcours, convaincus que nous pouvons saisir quelque chose de l’humaine aventure aussi bien par ses éclats que par ses ratés, Jean-Claude Carrière et Umberto Eco se livrent à un échange étincelant autour de la mémoire à partir des flops, des lacunes, des oublis et des pertes irrémédiables qui, tout autant que nos chefs d’œuvre, la constituent. Ils s’amusent à montrer comment le livre, en dépit des dégâts que les filtrages ont opérés, est finalement passé à travers tous les filets tendus, pour le meilleur et parfois aussi pour le pire… bibliosurf.com

Cette invention "parfaite", bien que perfectionnable, est incontournable. Le livre est un support "parfait" de transmission de la mémoire et des idées dans le sens d'invention accomplie et bien adaptée à l'usage auquel il est destiné.

Umberto Eco : « Avec internet, nous sommes revenus à l'ère alphabétique. Si jamais nous avions cru être entrés dans la civilisation des images, voilà que l'ordinateur nous réintroduit dans la galaxie de Gutenberg et ou le monde se trouve désormais obligé de lire. Pour lire il faut un support. Ce support ne peut pas être le seul ordinateur. Passez deux heures sur votre ordinateur à lire un roman et vos yeux deviennent des balles de tennis... D'ailleurs l'ordinateur dépend de la présence de l'électricité … Le livre se présente donc comme un outil plus flexible... Les variations autour de l'objet livre n'en ont pas modifié la fonction, ni la syntaxe, depuis plus de 500 ans. Le livre est comme la cuiller, le marteau, la roue ou le ciseau. Une fois que vous les avez inventés, vous ne pouvez pas faire mieux... Peut-être évoluera-t-il dans ses composantes, peut-être ses pages ne seront-elles plus en papier. Mais il demeurera ce qu'il est. »(Ouverture : p 18-19)

Jean-Claude Carrière : « Nous n'avons jamais eu autant besoin de lire et d'écrire que de nos jours. Nous ne pouvons pas nous servir d'un ordinateur si nous ne savons pas écrire et lire. Et même de façon plus complexe qu'autrefois, car nous avons intégré de nouveaux signes, de nouvelles clés. Notre alphabet s'est élargi. Il est de plus en plus difficile d'apprendre à lire. Nous connaîtrions un retour à l'oralité si nos ordinateurs pouvaient transcrire directement ce que nous disons. Mais cela pose une autre question : peut-on s'exprimer si on ne sait ni lire ni écrire ? » (Ouverture : p 22-23)

Rien n'est plus éphémère que les supports durables : c'est un effet pervers de la mémoire virtuelle pas si fiable que cela en fin de compte.

J-C Carrière : Nous pouvons encore lire un texte imprimé il y a cinq siècles. Mais nous ne pouvons plus lire, nous ne pouvons plus voir, une cassette électronique ou un CD-ROM vieux de quelques années à peine. A moins de conserver nos vieux ordinateurs dans nos caves. (p 29)
Jean-Philippe de Tonnac : Il faut insister sur la rapidité croissante à laquelle se démodent ces nouveaux supports, nous condamnant à réaménager toutes nos logistiques de travail et de stockage, nos modes de pensée...
U. Eco : Accélération qui contribue à l'effacement de la mémoire. … (p 29)
J-C Carrière : Chaque nouvelle technique exige une longue initiation à un nouveau langage, d'autant plus longue que notre esprit est formaté par l'utilisation des langages qui ont précédé la naissance de ce nouveau venu. La technique n'est en aucune façon une facilité. C'est une exigence... En tout cas, si la mémoire visuelle et sonore du XXème siècle s'efface lors d'une gigantesque panne d'électricité, ou de toute autre manière, il nous restera encore et toujours le livre. (p 38-39)

Le livre est vivant : Les mots vibrent, les pages créent un paysage, le livre est un herbier, une bibliothèque est une mine où puiser les richesses du passé et nous rassure par son côté matériel bien visible.

« Le mot n'est qu'une portion mal apaisée de la phrase, un tronçon de chemin vers le sens, un vertige de l'idée qui passe. Le mot chinois, au contraire, reste fixe devant l'œil … Chaque page se présente à nous comme les terrasses successives d'un grand jardin... Une grande bibliothèque me rappelle toujours les stratifications d'une mine de charbon, pleine de fossiles, d'empreintes et de conjonctures. C'est l'herbier des sentiments et des passions, c'est le bocal où l'on conserve les échantillons desséchés de toutes les sociétés humaines. » Paul Claudel : La philosophie du livre, essai, 1925 (cité p 299-300)

J-C Carrière : Alors que Claudel voit dans la bibliothèque «les stratifications d'une mine de charbon», un de mes amis compare ses livres à une chaude fourrure. Il se sent comme réchauffé, comme abrité par les livres. Protégé contre l'erreur, contre l'incertitude et aussi contre les frimas. Être entouré par toutes les idées du monde, par tous les sentiments, toute la connaissance et tous les errements possibles, vous offre une sensation de sécurité et de confort. Vous n'aurez jamais froid au sein de votre bibliothèque. Vous voilà protégé, en tout cas, contre les dangers glacés de l'ignorance. (p 301) …

La transmission d'un savoir par la mémoire :

De la mémoire humaine à la machine

De tout temps l'homme a voulu garder en mémoire ses pensées pour les transmettre aux générations futures. Que garder en mémoire et comment ? Avant ces instruments créés pour conserver la mémoire et alléger le travail de mémorisation, l'homme utilisait des moyens mnémotechniques pour se souvenir. C'est ainsi que dans une civilisation orale : « Quand un vieillard meurt, c'est une bibliothèque qui disparait ». De nos jours, pour soulager la mémoire, nous faisons un peu trop confiance en nos ordinateurs ou autres moyens techniques, mais cela au détriment de notre réflexion et de la création de moyens qui nous permettaient de retenir personnellement des faits, et cela pour très longtemps (Je me souviens encore aujourd'hui des moyens mnémotechniques utilisés pour retenir certaines règles de grammaire, et par conséquent les appliquer tout au long de la vie). Pourra-t-on en faire autant avec les nouvelles méthodes utilisées qui prônent davantage la compréhension (mémoire à court terme gourmande en temps car il est nécessaire de la raviver régulièrement en refaisant le même raisonnement) que l'application (mémoire à long terme qui permet une réponse rapide et efficace sans exclure la compréhension) ?.

U. Eco : D'un côté nous inventons plusieurs instruments pour conserver la mémoire … un avantage considérable en comparaison de ces époques où il fallait recourir à des mnémotechniques, à des techniques pour se souvenir, tout simplement parce qu'on ne pouvait pas avoir à sa disposition tout ce qu'il convenait de savoir. Les hommes ne pouvaient alors se fier qu'à leur mémoire. D'un autre côté, au delà de la nature périssable de ces instruments, qui fait en effet problème, nous devons reconnaître aussi que nous ne sommes pas équitables face aux objets culturels que nous produisons. (p 29)

Les mnémotechniques sont à double tranchant : elle permettent de retenir bien et longtemps, mais il devient très difficile d'oublier en raison du lien créé dans notre mémoire entre deux idées ou une idée et une chose... Cela peut parfois être dramatique comme en témoigne le conte cité en exemple par J-C Carrière (p 30) :

http://nice-dailyphoto.blogspot.com/2009/03/oeil-de-crocodile.htmlAlexandre est à la veille de prendre une fois encore une décision aux conséquences incalculables. On lui a raconté qu'il existe une femme qui peut prédire l'avenir avec certitude. Il la fait venir afin qu'elle lui enseigne son art. Elle lui dit qu'il faut allumer un grand feu et lire l'avenir dans la fumée qui s'en dégage, comme dans un livre. Elle met toutefois le conquérant en garde. Pendant qu'il scrutera la fumée, il ne devra en aucun cas penser à l'œil gauche d'un crocodile. A l'œil droit à la rigueur, mais jamais à l'œil gauche. Alors Alexandre renonça à connaître l'avenir.
Pourquoi ? Parce que, dès qu'on vous a mis en demeure d'éviter de penser à quelque chose, vous ne pensez plus qu'à ça. L'interdiction fait obligation. Impossible, même, de ne pas y penser, à cet œil gauche de crocodile. L'œil de la bête s'est emparé de votre mémoire, de votre esprit. Parfois, se souvenir, comme pour Alexandre, et ne pas être capable d'oublier, est un problème, et même un drame.

Vous pourrez retrouver ce conte cher à Karen Blixen, dans le recueil concocté par Jean-Claude Carrière : "Le cercle des menteurs 2 - Contes philosophiques du monde entier", Plon, 2008, p 150

U. Eco : Tous les procédés mnémotechniques utilisent l'image d'une ville ou d'un palais dont chaque partie ou lieu est associé à l'objet qu'il s'agit de mémoriser... L'art mnémotechnique est donc celui d'associer des représentations spatiales à des objets ou à des concepts de façon à les rendre solidaires les uns des autres. C'est parce qu'il a associé l'œil gauche du crocodile à la fumée qu'il doit scruter Qu'Alexandre, ne peut plus agir librement. Les arts de la mémoire se retrouvent encore au Moyen-Age. Mais à partir de l'invention de l'imprimerie, on devrait penser que l'usage de ces moyens mnémotechniques se soit peu à peu perdu. (p 31-32)

Quels filtres choisir pour une mémoire sélective :

Éternel problème du choix et des conséquences … Qui dit choix, dit subjectivité. Choisir implique aussi d'exclure une partie … Comment être sûr de ne pas avoir de remords ? Comment être certain d'avoir fait un choix qui reflète les intérêts, les besoins, ou les priorités de tous ? Ou bien au contraire, vaut-il mieux faire un choix non en fonction du plus grand nombre mais au nom de la science, de la beauté, de la culture du moment ? Tout garder -en admettant que cela soit possible, et cela ne l'est pas car le temps détruit une partie des documents- n'est pas non plus la solution idéale : nous obtiendrons une désinformation qui nous perdrait dans des détails futiles.

J-P de Tonnac : La fonction de la mémoire est-elle de tout garder ?

U. Eco : La mémoire -soit notre mémoire individuelle, soit cette mémoire collective qui est la culture- a une double fonction. L'une est de conserver en effet certaines données, l'autre est de laisser sombrer dans l'oubli les informations qui ne nous servent pas et qui pourraient encombrer inutilement nos cerveaux. La culture est un cimetière de livres et d'autres objets à jamais disparus. … Les archives, les bibliothèques sont ces chambres froides dans lesquelles nous stockons la mémoire de manière que l'espace culturel ne soit pas encombré de tout ce fatras, mais sans y renoncer pour autant. (p 71)

J-C Carrière : Comment faire une sélection pour les générations qui nous suivrons ? Qui va sélectionner ? Comment prévoir ce qui intéressera nos descendants, ce qui leur sera indispensable ou simplement utile, ou même agréable ? Comment filtrer lorsque tout nous parvient par le biais de nos ordinateurs sans aucun ordre, sans hiérarchie, sans sélection ? En d'autres termes, comment fabriquer notre mémoire, dans ces conditions, en sachant que cette mémoire est une question de choix, de préférences, de mises à l'écart, d'omissions volontaires et involontaires ? En sachant aussi que la mémoire de nos descendants ne sera pas forcément de même nature que la nôtre. Je suis historien de formation et je sais à quel point nous devons nous méfier des documents censés nous livrer la connaissance exacte des évènements du temps passé. (p 73)
J-C Carrière : La question du filtrage veut aussi dire que nous devons décider de ce que nous devons lire.
U. Eco : Aussi bien la mémoire individuelle que la mémoire collective ne sont pas des photographies de ce qui s'est réellement passé. Ce sont des reconstructions. (p 78)

U. Eco : Nous avons été éduqué au travers de filtrages réalisés avant nous. C'est le propre de toute culture... Mais il n'est évidemment pas interdit de mettre ces filtrages en question. Et nous ne nous en privons pas. (p 90)
J-C Carrière :Quand vous vous contentez d'appliquer les règles, toute surprise, tout éclat, toute inspiration s'évapore. (p 100)

Même si nous disposions de tout sur tout sans filtrage, il nous restera à apprendre :

Apprendre intelligemment ...

U. Eco : L'art de la synthèse
J-C Carrière : Et l'acte d'apprendre. Car apprendre s'apprend.
U. Eco : Apprendre à contrôler une information dont nous ne pouvons vérifier l'authenticité … Pour faire leur devoir, les écoliers, les étudiants vont puiser sur Internet les informations dont ils ont besoin, sans savoir si ces informations sont exactes. Et comment le pourraient-ils ? (puisque c'est l'objet de leur recherche, de la matière à découvrir) Alors le conseil que je donne aux enseignants est de demander à leurs élèves, à l'occasion d'un devoir, de faire la recherche suivante : à propos du sujet proposé, trouvez 10 sources de renseignements différentes et comparez-les. (pas seulement des sites qui renvoient vers la même source ! Qui peut être vraie ou fausse … le nombre de fois où l'information est citée ne garantit pas qu'elle soit juste, mais signifie qu'elle est largement diffusée.) Il s'agit d'exercer son sens critique face à Internet, d'apprendre à ne pas tout accepter pour son argent comptant. (p 75)

Est-il encore utile d'apprendre par cœur ? (p 80-82)

J-C Carrière : Nous pouvons déléguer à des machines le soin de se souvenir à notre place, des bonnes et des mauvaises choses... si nous n'avons plus cet effort de mémorisation à fournir, alors « il ne nous reste que l'intelligence » (selon les propos tenus par Michel Serres dans son entretien donné au « Monde de l'Education »)

U. Eco : Il reste le problème de notre capacité « gymnastique ». il est évident qu'avec une voiture je peux aller plus vite qu'à pied. Cependant il faut marcher un peu tous les jours, ou faire du jogging, pour ne pas devenir un légume... Nul doute que tout ce que vous pouvez savoir par vous-même … vous donne une certaine autonomie intellectuelle. .. L'invention de l'imprimerie est déjà cette possibilité offerte de mettre la culture dont on ne veut pas s'encombrer en réserve, au « frigidaire », dans les livres, en sachant simplement où trouver l'information dont on a ponctuellement besoin. Il y a donc délégation d'une partie de la mémoire à des livres, à des machines, mais il demeure une obligation de savoir tirer le meilleur parti de ses outils. Et donc d'entretenir sa propre mémoire.... Notre génération était encore obligée d'apprendre des poèmes par cœur à l'école... Il s'agissait simplement, en apprenant par cœur, d'exercer nos facultés de mémoire, et donc d'intelligence.

Du savoir à la connaissance

J-C Carrière :Le savoir, c'est ce dont nous sommes encombrés et qui ne trouve pas toujours une utilité. La connaissance, c'est la transformation d'un savoir en une expérience de vie. Nous pouvons donc peut-être confier la charge de ce savoir sans cesse renouvelé à des machines et nous concentrer sur la connaissance. (p85)

Notre culture s'est bâtie sur ce qui a survécu et l'interprétation qui en a été faite : un passé tronqué ?

Un chapitre est consacré à ce thème : "Notre connaissance du passé est due à des crétins, des imbéciles ou des adversaires". En effet, bien des erreurs ont été véhiculées par les livres et reprises par ignorance ou en raison d'une mauvaise compréhension ou d'une interprétation erronée. C'est ce que l'on voit encore de nos jours sur Internet ...

U. Eco : Les livres sont parfois fautifs. Mais parfois ce sont nos erreurs ou délires interprétatifs qui sont en jeu (p 181) Il est en effet préférable de ne jamais reconstruire le passé en s'appuyant sur une seule source. D'ailleurs la distance temporelle rend certains textes imperméables à toute interprétation. (p 183)
J-C Carrière : Que sauver ? Que transmettre et comment transmettre ? Comment être sûr que le langage que j'utilise aujourd'hui sera compris demain et après-demain ?(p 183)
U. Eco : Il n'y a rien comme l'insensé pour produire de l'interprétation. (p 184)
J-C Carrière : Ou l'interprétation pour produire de l'insensé.
J-P de Tonnac : Le passé nous parvient déformé de toutes les manières possibles et surtout lorsque la bêtise se mêle de nous le transmettre. Vous avez insisté aussi pour dire que la culture aime à ne retenir que les pics de la création, les Himalayas, négligeant la quasi-totalité de ce qui n'a pas été vraiment à notre gloire.
J-C Carrière : Notre mémoire, comme notre cerveau, est réductrice. Nous procédons sans cesse par sélection et réduction. (p 242)
U. Eco : Que le plus grand nombre possible de nos semblables connaissent le passé. Oui. C'est le fondement de toute civilisation. (p 307)

look1.gifLiens et notes ...

Une critique émaillée d'anecdotes tirées du blog de Didier Jacob, journaliste au Nouvel Obs. Relativisons la technique moderne : de tout temps on a su transmettre -et rapidement- une information à laquelle on accordait de la valeur.«Les Misérables» de Hugo a été traduit en portugais et publié l'année même de la publication du livre en français. «C'est un exploit indéniable», raconte Carrière. «Le grand collectionneur brésilien José Mindlin m'a montré une édition portugaise des «Misérables» de 1862. Deux mois seulement après Paris. Pendant que Victor Hugo écrivait, Hetzel, son éditeur, envoyait le livre, chapitre après chapitre, aux éditeurs étrangers. Il est parfois utile de relativiser nos prétendues prouesses techniques.»

Du classement des livres dans une bibliothèque :
J-C Carrière : Rien n'est plus difficile que de ranger une bibliothèque. A moins de commencer à mettre un peu d'ordre dans le monde. Qu'y s'y hasarderait ? Comment allez-vous ranger ? Par matières ? Mais alors vous auriez des ouvrages de formats très différents et vous devriez revoir vos rayonnages. Alors, pas formats, Par époques ? Par auteurs . Vous avez des auteurs qui ont écrit sur tout. » et se retrouveront dans chaque rayon.
U. Eco : Pour Leibniz, c'était le problème de l'organisation d'un savoir. (p 304-305)

Quelques billets qui vous présentent le livre dans tous ses états :


... et des commentaires comparant le livre-papier à l'e-book, glanés sur le blog de Thierry Crouzet :

  • « Rien ne remplacera la texture du papier, le froissement des pages, le craquement de la reliure qui s’ouvre pour la première fois. Jamais personne ne retrouvera cette sensation avec un ebook. »
  • « Le papier est chaud, l’électronique froide. »
  • « J’aime trop corner les pages, voir d’un coup d’œil ce qui me reste à lire, approcher de la fin et ne plus pouvoir m’arrêter »
  • « Lire la dernière page du livre avant la première et utiliser un beau marque page. »
  • « J’aime m’attarder dans un livre, avoir avec lui une relation fidèle.»
  • « Le livre papier constitue un espace silencieux qui met en échec le culte de la vitesse. »
  • « Un livre est une promesse d’un temps pour soi, exclusif, égoïste. On le mesure d’un coup d’œil au nombre de pages et on se délecte par avance. Un ebook est intangible, il ne nous fait pas rêver.»
  • « Aucune larme n’imprégnera jamais un ebook. »
  • « Les gens aiment avoir de beaux livres dans leur salon. C’est un marqueur social. »
  • « Nous faisons corps avec le livre, tant gestuellement qu’intellectuellement. »
  • « Un bouquin, on peut le prêter, le confier, le donner de la main à la main. C’est un échange physique en même temps qu’intellectuel. »
  • « Le papier se conserve sans technologie, sans énergie. Il peut traverser le temps, pas l’électronique. »« J’ai pas besoin de recharger mes livres et ils tombent pas en panne. »
  • « Un livre est tout terrain, il supporte les secousses et les éclaboussures. Va lire ton ebook dans ton bain. »
  • « Quand on a lu un bouquin, on peut retrouver un passage parce qu’on se souvient au jugé dans quelle tranche il se trouve. Avec un ebook, le texte reste à plat. »
  • « Sur un ebook, ils la feront où leur dédicace les auteurs ? »